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Le 100 Francs Non Emis

Le 100 Francs Burelé Non Emis

Bien peu de collectionneurs le savent mais à l'approche de la Grande Exposition Internationale de 1937, la Poste avait envisagé très sérieusement d'émettre un timbre avec une forte valeur faciale de 100 francs de l'époque, soit pas loin de 100 euros de nos jours. Elle y a néanmoins renoncé et je vais vous raconter pourquoi.

Début 1936, la Poste se trouvait face à un dilemne. Elle venait d'émettre la série de timbres de la Poste Aérienne et la possibilité de confusion entre les 85 centimes et 50 francs était flagrante, les deux vignettes étant vertes. Par conséquent, la Poste avait émis l'ensemble des valeurs, à l'exception notable du 50 francs dont elle essayait de récupérer les 412 exemplaires envoyés un peu vite à l'UPU.

A l'époque, c'est un vrai souci car la Poste ne voulait pas se priver de la recette non négligeable que représentait l'émission de cette valeur de 50 francs.

Une solution inattendue se fait jour le 31 Janvier 1936 avec l'offre de L'Institut de Gravure et d'Impression des papiers-valeurs, organisme privé qui travaillait déjà avec l'Administration pour la réalisation des timbres pour certaines colonies, protectorats et autres territoires.

Dans cette lettre de Gaston Stalins adressée au Ministre, on peut lire ceci :

" Monsieur le Ministre,

Ayant appris que votre Administration envisageait la création de grosses valeurs postales pour les services de la Poste Aérienne, nous nous permettons de vous offrir d'exécuter la gravure et l'impression de ces grosses valeurs qui nécessitent une protection absolue contre les falsifications ou contrefaçons, d'après la technique la plus moderne et la meilleure applicable aux billets de banque. Nous avons également pensé que pour ces valeurs importantes qui seront recherchées par tous les philatélistes mondiaux, il serait peut être utile de commencer une certaine publicité pour l'Exposition Internationale de Paris en 1937.

A cet effet, nous avons l'honneur de vous soumettre ci-joint un projet que nous vous prions de bien vouloir examiner et pour lequel nous vous remettons ci-inclus une note avec les spécifications envisagées.

Spécialisés dans la taille-douce en acier pour la gravure et l'impression des papiers-valeurs nécessitant une protection absolue, et fournissant de nombreux gouvernements y compris le gouvernement français et le Ministère des Colonies, nous espérons, Monsieur le Ministre, que vous voudrez bien prendre notre offre en considération. "

Ce projet dont il est question dans cette missive, c'est l'emploi de papier filigrané avec initiales multiples RF, un fond de protection avec guillochage avec, au centre, la vue de l'entrée principale de l'Exposition avec le Trocadéro. Les délais proposés étaient particulièrement courts, de l'ordre de 5 semaines pour la fabrication du matériel d'impression et une production de 250 000 à 400 000 timbres par jour.

Dans une lettre du 17 Mars 1936 conservée au Musée de la Poste, l'imprimeur donne des précisions sur cette proposition :

" Comme suite à notre conversation que nous avons eue à ce jour avec vos services, et à l'approbation que vous avez bien voulu donner de notre projet pour les timbres de 50 et 100 francs pour la Poste Aérienne, nous avons l'honneur de vous confirmer ci-dessous les conditions dans lesquelles nous pourrions exécuter cette commande ( ... ). Nous prenons en mains le travail de gravure, et nous la soumettrons à votre approbabtion dans des couleurs différentes, afin de vous permettre de fixer votre choix sur les teintes à adopter ( ... ). Signé Bathélémy, administrateur.

Hormis cette lettre, il n'existe pas d'autres documents à ma connaissance qui vienne étayer que la Poste avait bien envisagé d'émettre le Burelé avec une faciale de 100 francs. Il existe aussi pour preuve au Musée de la Poste, le document que je reproduis en bas avec sept burelés à 100 francs soumis à l'administration pour approbation.

Alors on peut se demander pourquoi la Poste a renoncé à la valeur de 100 francs pour ne retenir finalement que la valeur de 50 francs. La réponse est probablement à rechercher du côté du 50 francs vert qui est à l'époque une source de grosse préoccupation pour la Poste qui craint que les exemplaires envoyés à l'UPU se retrouvent sur le marché et ne donnent lieu à de fortes spéculations.

La Poste est donc sur le point d'émettre le 50 francs vert pour couper court à ce risque mais dans l'absolu, ça veut dire que l'on va se retrouver presque simultanément avec deux timbres à 50 francs et un troisième à 100 francs, soient 200 francs ( l'équivalent à peu près de 400 euros actuels ), de quoi faire éclater un véritable scandale à l'époque auprès des collectionneurs.

Ceci explique sans doute pourquoi le 100 Francs Burelé ne vit jamais le jour et qu'on se retrouva pratiquement en même temps avec deux timbres de la Poste Aérienne dont les ventes dépassèrent à peine les 100 000 exemplaires chacun, bien qu'ils restèrent dans les bureaux de poste jusqu'en Juin 1938 pour le 50 francs vert et en Janvier 1939 pour le Burelé, remplacés par le 50 francs Ader.



Document Musée de la Poste

 

 

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